quinta-feira, 6 de setembro de 2012

LANDRÉ 13

c) L'entraînement à ce comportement:
Ce point comporte lui-même trois étapes: l'entraînement à la conduite générale d'un Bodhisattva, l'entraînement dans les six Vertus Parfaites (Paramitas) afin de mûrir soi-même, et l'entraînement dans les quatre étapes du rassemblement, afin de faire mûrir autrui.  
 

- L'entraînement à la conduite générale d'un Bodhisattva:
"Afin de réaliser le bien de tous les êtres vivants, je donne sans regret mon corps, mes possessions et toutes mes vertus accumulées au cours des trois temps (passé, présent et futur). Ce faisant, je transcende la souffrance et mon esprit atteint le Nirvana (Au-delà de la Souffrance). Puisqu'il faudra tout abandonner un jour, il est préférable de le faire (dès maintenant) pour le profit des êtres vivants." (sPyod 'Jug)
Selon ce conseil, on développe le désir de donner à tous les êtres vivants qui ont été mes parents, mon corps, mes richesses et toutes les vertus que j'ai pu accumuler au cours des trois temps. En même temps je pense: "Grâce à ce don, puisse chacun de ces êtres obtenir l'inépuisable jouissance des richesses qu'il désire." Je dois aussi m'efforcer réellement à faire le bonheur d'autrui et à le soulager de la souffrance, dans la limite de mes capacités et utiliser ce que je possède pour le bien d'autrui.
Au début, je m'entraînerai à des dons modestes, puis peu à peu leur importance grandira. Ce faisant, progressivement sous la force de l'habitude acquise, je deviendrai capable de renoncer à mon fils, à ma femme, à mon corps ou à ma vie, etc...
"Au début, notre guide prescrit le don de légumes ou autres. En s'accoutumant à cette pratique, plus tard, on devient peu à peu capable de donner même sa propre chair. En effet, si l'esprit en vient à considérer le corps à l'instar d'un légume, quel problème alors que de donner sa propre chair?" (sPyod 'Jug)

- L'entraînement dans les six Paramitas, afin de développer sa propre maturité spirituelle:
Ce développement comporte lui-même trois points: les caractéristiques des six Paramitas, la manière de les accomplir et les bienfaits de cette pratique.

Les caractéristiques des six Paramitas:
la caractéristique définissant la Perfection du don est le don à autrui de tous les objets que l'on possède, qui est un moyen pour parvenir au-delà des rives de l'existence et de l'extinction (c'est à dire à la libération).
Il convient de décrire de manière analogue, chacune des cinq Paramitas suivantes.
La discipline éthique est le rejet des fautes qui nuisent à autrui, et c'est un moyen pour parvenir au-delà des rives de l'existence et de l'extinction.
La patience est la faculté de garder un esprit non affecté par le mal que lui fait autrui, et ceci est un moyen pour parvenir au-delà des rives de l'existence et de l'extinction.
La diligence est un esprit réjoui par la vertu, moyen pour parvenir au-delà des rives de l'existence et de l'extinction.
La méditation est la ferme concentration sur le seul point de la visualisation de vertu, moyen pour parvenir au-delà des rives de l'existence et de l'extinction.
La sagesse est l'analyse des phénomènes, moyen pour parvenir au-delà des rives de l'existence et de l'extinction.
Il est dit dans le Rin Chen Phreng ba:
"Le don est l'abandon de toutes ses richesses, la discipline éthique fait le bien d'autrui, la patience est le rejet de la colère, la diligence réside dans le maintien de la vertu, la méditation est la ferme concentration libre de toute mauvaise pulsion, et la sagesse est l'affirmation du sens de la vérité."
La manière de les accomplir:
Afin de les accomplir, il convient de produire les quatre qualités, conditions nécessaires et favorables à la naissance des six Paramitas, et de rejeter les sept attachements qui font obstacle à leur naissance.
Les quatre qualités sont les suivantes:
- être libre des six conditions contraires aux Paramitas, à savoir, dans l'ordre, l'avarice, une conduite sans morale, la colère, la paresse, la distraction et une sagesse pervertie.
- la condition que chacune de ces Perfections soit accompagnée de l'aide que constitue la connaissance transcendante de non-conceptualisation.
- la condition d'un fruit qui comble entièrement les désirs d'autrui.
- la condition d'une action qui fait complètement mûrir autrui grâce aux trois véhicules. Il est dit dans le mDo sDe rGyan:
"La destruction des forces contraires au don, la possession de la connaissance transcendante de non-conceptualisation, l'accomplissement parfait de tous les désirs et la triple maturation des êtres vivants."
Les mêmes conditions s'appliquent aussi aux cinq autres Perfections, telle que la discipline éthique etc...
En ce qui concerne les sept attachements à rejeter:
Ils sont ainsi décrits dans le même Sutra:

"La pratique du don d'un Bodhisattva est le détachement, le non attachement et l'absence d'attachement, la liberté de l'attachement lui-même, le détachement, le non attachement et l'absence d'attachement."
Ces paroles s'appliquent à chacune des six Perfections et leur sens est qu'il faut rejeter les sept attachements, à savoir l'attachement à la condition contraire, c'est à dire l'avarice et les autres cinq (contraires à chacune des Perfections), l'attachement à toujours retarder (la pratique), l'attachement à se contenter (d'une petite pratique), l'attachement à une récompense, l'attachement à un fruit, l'attachement à l'inclination aux forces contraires, et l'attachement à la distraction.
Le Seigneur Sakya Pandita dit:
"Le sage rejettera les sept attachements au défaut qu'il faut éviter, au délai, au contentement, à la récompense, au fruit, à l'inclination et à la distraction."
Quels sont leurs bienfaits?
"Le don procure la richesse, la discipline procure le bonheur, la patience donne le rayonnement, la diligence produit la majesté, la méditation donne la paix et la sagesse procure la libération. Un esprit plein d'amour permet de réaliser tous les objectifs." (Rin Chen Phreng ba)
- L'entraînement dans les quatre étapes du rassemblement, dans le but de faire mûrir autrui:
Il est dit dans le sKyes Rabs:
"Appelant les êtres grâce au don, on prononce alors des discours engageants. Grâce à une conduite intentionnelle, on établit autrui dans la vigilance et on demeure dans une action en harmonie avec les discours."
En ce qui concerne le DON, il faut rejeter les trente deux sortes de dons impurs que décrit le Sutra de Drang Song rGyas pas Zhus pa'i mDo, tels que les dons faits dans une motivation impure afin d'obtenir une position importante dans cette vie, ou en vue d'une récompense ou d'un fruit, etc..., les dons faits envers des destinataires impurs tels que les riches, les rois, les prostituées, etc... alors qu'on écarte les êtres humbles dans le besoin, les dons d'objets impurs tels que de la viande, de la bière ou du bétail pour la boucherie, etc... Il convient au contraire, grâce à des dons purs, de rassembler des êtres en vue du Dharma.

Grâce à un DISCOURS ENGAGEANT qui comble les êtres, on s'emploie à révéler le saint Dharma en vue de faire mûrir autrui selon les capacités de compréhension de chacun.
L'ACTION INTENTIONNELLE consiste dans une action qui, grâce à des moyens habiles, s'emploie à faire mettre le sens du Dharma en pratique à des gens qui, bien qu'ayant déjà entendu le Dharma, n'avaient encore manifesté aucun désir de le mettre en pratique.
Quant à une ACTION HARMONIEUSE, il s'agit de s'engager soi-même avec application, à l'action vertueuse afin d'inciter autrui à s'y engager également. Il est dit dans le mDo sDe rGyan:
"Dans le don, l'enseignement approprié, l'effort pour faire mettre en pratique et l'exemple de la pratique que l'on montre soi-même, on prononce un discours plaisant, on agit intentionnellement et harmonieusement."
Comment réfléchir à cela? "Hélas, par le passé, non seulement je n'ai pu répondre aux bontés des êtres vivants qui ont été ma mère dévouée, par une réponse en accord avec le Dharma, mais, sous l'emprise du souci exclusif de moi-même, je me suis plu à toutes sortes d'actions éhontées dictées par la jalousie envers les supérieurs, le mépris envers les inférieurs et le désir de rivaliser avec les autres êtres. Ce faisant, j'ai dû errer sans fin au sein de la roue de l'existence, affligé de toutes sortes de souffrances. Désormais, abandonnant la seule préoccupation égoiste de mes intérêts, je m'en vais donner sans regret, mon corps, ma parole, mon esprit ainsi que toutes les vertus que j'ai accumulées au cours des trois temps, pour le bien et le bonheur de tous les êtres vivants qui ont un jour été mes parents. Ce faisant, puissent tous les êtres qui désirent de la nourriture en jouir, ceux qui désirent des vêtements en avoir, ceux qui désirent un abri ou des serviteurs trouver l'objet de leur désir. Que les malades trouvent le médecin, les remèdes et les infirmiers qu'il leur faut; que les miséreux découvrent un trésor inépuisable, que les êtres sans protection jouissent de l'aide d'un protecteur , que ceux qui n'ont pas de refuge en découvrent; que les voyageurs trouvent des guides, que ceux qui désirent traverser un fleuve obtiennent des bâteaux, des radeaux ou des ponts. En bref, puisse chacun jouir de la richesse inépuisable qu'il désire."
Comme j'ai déjà donné aux êtres vivants, mon corps et toutes mes possessions, je ne conserve plus désormais aucun droit de propriété sur eux. En conséquence, mon corps est désormais le bien des êtres vivants, et ce qu'ils en feront ne dépend que d'eux. Je m'efforcerai de retenir cette pensée si l'on venait à me tuer, à me critiquer, à me frapper, à me salir, me gêner ou me ridiculiser, etc...
"Comme les Bouddhas et leurs fils, grâce à leur résolution d'accomplir largement le bien d'autrui et le leur propre, ont mis en oeuvre l'immensité pareille à l'océan, des actes de la conduite d'un Bodhisattva, tels que les six Perfections et les quatre étapes du rassemblement, moi aussi, je vais m'efforcer de la manière correcte au grand rassemblement des Perfections depuis le don jusqu'à la sagesse. Je vais m'appliquer à l'accomplissement du don pur d'objets matériels et rassembler de dignes auditeurs du saint Dharma; le leur enseignant alors selon leurs capacités, je les inciterai à le mettre en pratique de manière juste et, et pour les y inviter, je me réjouis moi-même de montrer l'exemple de la pratique du saint Dharma vaste et profond." Je me réjouis dans de telles pensées.
Dans les intervalles entre sessions, on peut si on le désire, réciter les paroles tirées du sPyod 'Jug:

"Puisse la vertu que j'ai accumulée à travers toutes ces pratiques, permettre de dissiper les souffrances de tous les êtres vivants."
3) L'ESPRIT D'EVEIL DU SENS ULTIME, UNION INDISSOCIABLE DE LA STABILITE SEREINE ET DE LA VUE PENETRANTE
Bien que la plupart des textes utilisés diffèrent dans la manière de le méditer, on retrouve les mêmes sujets. Dans quelques textes anciens, on trouve ces paroles: "En ce qui regarde l'esprit d'éveil du sens ultime, il faut penser qu'il est sans égo, libre de toute substantialité ainsi que de la dualité sujet-objet."
Afin de méditer sur cela, on va expliquer l'essence véritable de l'esprit d'éveil du sens ultime, enseigner les vraies méthodes pour le produire dans le continuum mental, et comment il convient de les mettre en pratique.
a) Son essence véritable
Elle n'est pas la réalité ultime du soi ou de l'âme des non-bouddhistes, pas plus que les agrégats ou les sphères sensorielles en quoi croient les deux groupes d'Auditeurs (Hinayana), ni non plus l'ultime conscience de l'école Seulement l'Esprit (tib. Sems Tsam pa, skt. Cittamatra, du Mahayana), elle n'est aucune de ces conceptions saisissant une limite extrême. Il s'agit en réalité de la nature propre de l'esprit, racine de tous les phénomènes à la fois du Samsara et du Nirvana et qui est depuis toujours libre de manifestation. Le maître kLu sGrubs (Nagarjuna) a dit:
"L'esprit d'éveil des Bouddhas a pour caractéristique la vacuité qui n'est jamais obscurcie par les concepts d'un soi, d'agrégats ou d'une conscience."
Comme il est ainsi la racine de tout bonheur et de toute souffrance du Nirvana et du Samsara, si l'on en vient à la réalisation intérieure de sa véritable et ultime essence, on parvient simultanément à la compréhension du sens véritable et ultime de tous les phénomènes. Le maître Aryadéva dit:
"Une entité est l'essence de toutes les entités et cette entité a pour essence toutes les entités; celui qui acquiert la réalisation intérieure d'une seule entité, obtient aussi la réalisation simultanée de toutes les entités."
 
 

b) Les méthodes pour faire naître l'esprit d'éveil dans le continuum mental:
Il s'agit des deux pratiques de la stabilité sereine et de la vue pénétrante.
La stabilité sereine est l'apaisement de toutes les conceptualisations portant sur des caractéristiques, obtenue par la méthode de la fixation de l'esprit et ce faisant, le maintien de l'esprit dans son rayonnement propre.
La vue pénétrante consiste, une fois dissipés les voiles obscurcisseurs du sujet-objet et, alors qu'on distingue parfaitement et sans confusion la nature propre de tous les phénomènes, à pouvoir contempler le visage même de l'esprit primordial.
"Qu'est-ce que la stabilité sereine? C'est la concentration de l'esprit sur un seul point. Quant à la vue pénétrante, il s'agit de la parfaite réalisation de chacun (des phénomènes)." (dKon mChog sPrin ou Ratna megha)
Le Sutra mDo sDe rGyan dit aussi:
"Prenant appui sur la parfaite stabilité, l'esprit se fixe sur l'esprit et on analyse parfaitement les phénomènes. C'est pour cela qu'on nomme ces deux mouvements, stabilité sereine et vue pénétrante."
c) Mise en application de ces méthodes:
Il y a trois étapes: la méditation de la stabilité sereine, la méditation de la vue pénétrante et la méditation de leur union.
 
 
 
 

- LA STABILITE SEREINE
Il est dit dans le sPyod 'Jug:
"Sachant que la vue pénétrante munie de la stabilité sereine, peut totalement détruire les mauvaises pulsions, il faut d'abord rechercher la stabilité sereine et on ne peut la trouver que dans le détachement du monde."
Afin d'extirper à sa racine la pulsion de l'attachement à l'égo, la vue pénétrante est nécessaire, mais il faut la stabilité sereine pour pouvoir la produire. Comme l'isolement physique et mental sont nécessaires à la naissance de la stabilité sereine, il faudra d'abord commencer par rejeter toute préoccupation d'activité mondaine, telle que le travail de son champ, son commerce, et tout attachement envers les objets de plaisir extérieurs et envers des êtres vivants. Si l'on ne se détache pas de ces préoccupations, l'authentique Samadhi de la concentration sur un seul point ne pourra pas surgir.
En ce qui concerne les méfaits de l'attachement aux formations mentales, il est dit dans le Sutra de Lhag pa'i bSam pa bsKul ba'i mDo (Adhyasaya samcodana sutra):
"Si l'on répugne à obéir au Lama, et si l'on refuse de suivre son exemple, la discipline éthique sera rapidement brisée. De telles fautes proviennent de l'attachement aux actes. Si on est un chef de famille dont l'esprit est sans cesse préoccupé des activités liées à sa maisonnée , on sera toujours soucieux et on ne méditera pas ni ne se souciera de rejeter (les fautes..). De telles fautes proviennent de l'attachement aux actes."
En ce qui concerne les méfaits de l'attachement aux objets de plaisir, il est dit dans le sPyod 'Jug:
"Dans ce monde et au-delà, les désirs sont la cause de toute perte. Ils provoquent la mort, entravent et déchirent dans cette vie; et ils sont cause d'un avenir dans les enfers."
Il convient aussi de se rappeler ici les vers du sPyod 'Jug déjà cités plus haut, concernant "les tourments subis à accumuler, garder (des richesses) et lorsqu'on les perd...".
Quant aux méfaits de l'attachement aux êtres, il est dit dans le même texte:
"Si l'on s'attache aux êtres, la vision de l'ultime pureté s'obscurcit complètement. Même l'esprit de chagrin du monde est détruit et finalement il faudra endurer une grande souffrance. Ne pensant qu'aux êtres chers, cette vie passe dépourvue de sens. Ces amis et ces proches impermanents parviennent à détruire même l'immuable Dharma. Si l'on agit à l'instar d'un être infantile, on peut être certain de tomber dans les mauvais états. Si cela conduit à une condition d'infortune, quel bien peut donc naître de l'association avec les êtres infantiles? En un instant ils deviennent amis et en moins de temps encore, ils se transforment en ennemis. Comme ils se mettent en colère contre ceux qu'ils aiment, il est difficile de plaire aux êtres ordinaires. Même si on prononce des paroles bienfaisantes, ils continuent à s'irriter et cela tend à m'éloignent de mon désir de bienfait. De plus, si l'on n'écoute pas leurs conseils, ils se mettent en colère et tombent alors dans les mauvais états. Ils sont jaloux des supérieurs, toujours désireux de rivaliser avec leurs égaux et méprisants des inférieurs, ils s'enorgueillissent de la louange et sont toujours prêts à la colère dès qu'ils entendent des paroles déplaisantes. Quand pourrait-on tirer un bénéfice de (l'association) avec les êtres infantiles? Si l'on s'associe avec eux, il est certain que toutes sortes de non-vertus en surgiront, telles que la louange envers soi-même, le dénigrement d'autrui et toutes sortes de discours sur les délices du Samsara."
Le vénéré Trapa Djialtsen dit aussi:
"Il faut méditer dans la solitude; si l'on s'associe avec des êtres infantiles, on n'obtiendra pas cette solitude. En conséquence, il convient de se montrer chagriné et circonspect à l'égard des êtres vivants. Ainsi obtiendra-t-on la solitude et le rejet des mauvais moyens d'existence."
De la même façon, il faut aussi rejeter tout esprit d'hostilité envers ses ennemis car il est dit dans le sPyod 'Jug:
"Si l'on garde au coeur la douloureuse sensation de la haine, l'esprit ne pourra ressentir la paix. On sera privé de joie et de bonheur, on ne pourra trouver le sommeil et on ne sera plus digne de confiance. Même ceux qui s'appuient sur la bienveillance d'un maître qui leur prodigue richesse et reconnaissance, désirent sa mort s'il est haineux. La haine provoque le chagrin chez les proches et les amis et même si la générosité les attire, ils ne manifesteront aucune confiance. En bref, nul ne peut demeurer heureux dans la haine."
Il faut aussi se souvenir ici des citations évoquées lors de l'explication donnée plus haut sur les actes et leur rétribution.
Rejetant ainsi tout attachement envers les objets susceptibles de provoquer l'attachement ou la haine, on s'établit seul dans un ermitage, dans la montagne ou au milieu d'une forêt, afin de méditer le Samadhi.
"On s'en va habiter seul, l'esprit heureux et débarrassé de toutes les distractions, au milieu d'une forêt à l'aspect très plaisant et dépourvue de dangers." (sPyod 'Jug)
Il est dit aussi dans le même texte:
"Ayant réfléchi aux vertus de la solitude sous toutes sortes d'aspects, il faut apaiser toute conceptualisation et méditer sur l'esprit d'éveil."
Demeurant dans la solitude, afin de développer la stabilité sereine, il convient de reconnaître les cinq erreurs à rejeter et de prendre appui sur les huit dispositions mentales antidotes de ces erreurs. On recherchera la stabilité sereine au moyen des neuf méthodes pour fixer l'esprit.
Les cinq erreurs sont:
- la paresse d'un esprit qui ne s'applique pas à la vertu,
- même si l'on s'y applique, l'oubli de l'instruction concernant la méditation du Samadhi,
- même si on ne l'oublie pas, l'esprit s'obscurcit et devient peu clair ou bien on ressent torpeur ou indiscipline qui empêchent l'esprit de se fixer,
- même si l'on reconnaît ces états de torpeur ou d'indiscipline, on demeure dans la passivité sans rechercher l'antidote nécessaire à leur destruction,
- à cause d'une recherche trop forcée de l'antidote, l'esprit en proie à de nombreuses pensées, ne peut se fixer.
"La paresse, l'oubli de l'instruction, la torpeur et l'indiscipline, la passivité et l'hyperactivité mentale, telles sont les cinq erreurs." (dBus mTha' ou Madhyanta Vibhanga)
Les huit dispositions mentales antidotes:
- en ce qui concerne les antidotes de la paresse, première des erreurs à rejeter, elles sont au nombre de quatre, à savoir l'aspiration, la recherche diligente, la foi et la pureté. L'aspiration est la demeure du Samadhi, la recherche diligente est son habitant, la foi est la cause de l'aspiration et la pureté est le fruit de la recherche diligente. Parmi toutes , la recherche diligente est la plus importante car son sens étant celui de l'effort, il est évidemment indispensable pour rejeter la paresse.
"Etant ainsi patient, il faut développer l'effort diligent car ce n'est qu'en s'y efforçant que l'on peut parvenir à l'éveil. De même qu'il ne peut y avoir de mouvement sans air, de même il ne peut y avoir de mérite sans effort. L'effort est la joie à l'accomplissement de la vertu." (sPyod 'Jug)
Il est dit dans le même texte, en ce qui concerne les forces contraires à l'effort diligent:
"Quelles en sont les forces contraires? Il s'agit de la paresse, de l'attachement aux vices, de la nonchalance et du dénigrement de soi-même. Se complaisant dans l'oisiveté et le sommeil, la souffrance du Samsara ne sera pas ressentie et la paresse naîtra."
Rejetant ainsi les causes de la paresse, il faudra s'appliquer à la naissance du Samadhi, grâce à la réflexion sur les maux du Samsara, sur la difficulté d'obtenir les conditions favorables à la pratique et sur l'impermanence et la mort.
L'antidote à l'oubli de l'instruction est l'attention et la vigilance. Se remémorant les étapes de l'instruction essentielle pour méditer le Samadhi, et se les représentant à l'esprit, on évitera de les oublier grâce à la vigilance.
"Quelle que soit l'activité d'écoute, de réflexion et de méditation, si elle est accomplie sans vigilance, elle est alors comme de l'eau versée dans un vase percé et ne peut demeurer dans la conscience." (sPyod 'Jug)
En ce qui concerne les méfaits de la faillite à reconnaître la torpeur et l'indiscipline, comme il s'agit là de la condition principale empêchant le Samadhi, si on ne reconnaît pas ces deux états, on n'est pas capable non plus d'appliquer l'antidote contraire.
Même si on les reconnaît, encore faut-il aspirer à leur antidote car, même si on reconnaît un défaut et qu'on n'applique pas son antidote, les vertus ne pourront naître dans le continuum mental.
Si l'on a trop forcé dans l'exercice de la volonté et que l'esprit soit devenu trop agité, l'antidote à cette incapacité de se fixer sera de laisser la volonté dans l'équanimité. En effet, pareil à l'être avisé qui mesure ses paroles et à l'or qui est soigneusement pesé, demeurer dans le bon équilibre impartial permet la réalisation aisée de tous les objectifs désirés. Il est dit dans le dBus mTha' (concernant ces huit dispositions mentales antidotes):
"La demeure, ce qui l'habite, la cause, le fruit, le non oubli de l'instruction de méditation, la reconnaissance de la torpeur et de l'indiscipline, la volonté de les rejeter et le maintien de l'apaisement."
En ce qui concerne maintenant la vraie méthode pour fixer l'esprit, elle comporte neuf étapes qui sont:
l'établissement, l'établissement dans la durée, le rétablissement après distraction, l'établissement parfait, la maîtrise, l'apaisement, l'apaisement parfait, la concentration sur un seul point, l'établissement dans l'équanimité.
1- L'établissement:
Pour y parvenir, il faut quatre conditions: un support de méditation immobile, un corps immobile, des yeux qui ne cillent pas et une représentation claire du support de méditation.
En ce qui concerne la première de ces conditions, à savoir un support de méditation immobile, il est dit que dans un lieu isolé et très plaisant, il faut disposer comme support de visualisation, une belle représentation inspirante telle qu'une image des Bouddhas, etc... Il est dit dans le Ting Nge 'Dzin rGyal po:
"Demeurer l'esprit fixé sur la représentation d'une belle image du Seigneur des Mondes (Bouddha) dont le corps est pareil à l'or pur, s'appelle l'équilibre méditatif du Bodhisattva."
On peut aussi disposer devant soi, ni trop près ni trop loin et immobile, tout objet convenable tel qu'une fleur bleue ou une pièce de soie bleue.
En ce qui concerne la condition de l'immobilité du corps, il est dit dans le manuel de méditation bsGom Rim écrit par Kamalashila:
"Les yeux ne doivent être ni trop ouverts ni trop fermés, ils doivent se fixer sur la pointe du nez; il faut garder le corps droit et la conscience tournée vers l'intérieur; les deux épaules doivent être au même niveau et la tête ne doit être ni trop haute ni trop basse et ne pas pencher d'un côté déterminé; la pointe du nez se trouve ainsi alignée avec le nombril; les dents et les lèvres doivent se placer naturellement et la langue doit être gardée près des dents. Quant à la respiration, elle ne doit être ni bruyante, ni haletante, ni irrégulière. Il convient d'inspirer et d'expirer lentement, de manière naturelle et silencieuse."
Il faut donc demeurer sur un coussin de méditation, le corps droit, immobile et réunissant tous les points de la parfaite posture.
En ce qui concerne le non cillement des yeux, les globes oculaires doivent être à moitié recouverts par les paupières et se fixer peu ouverts, sans ciller, sur le support de la visualisation. Si des larmes ou autres survenaient, il faudrait les laisser couler librement sans les essuyer de la main. Si la douleur survient, l'esprit ne s'y attardera pas mais demeurera fermement fixé sur le support de la visualisation.
Quant à la forme claire de la visualisation, il s'agit, en évitant tout examen concernant ses défauts ou qualités, etc..., de faire surgir dans la conscience sans examen, la forme telle qu'elle est, de manière claire.
2- L'établissement dans la durée:
Comme un tel établissement ne dure pas longtemps au début, il s'agit de procéder à de courtes tentatives répétées fréquemment.
3- Le rétablissement après distraction:
Si la distraction survient, il faut la reconnaître comme telle et rétablir l'esprit sur l'objet de la méditation.
4- L'établissement parfait:
Afin de ne pas laisser errer l'esprit, il convient grâce à la vigilance, de le concentrer sur l'objet de la visualisation.
5- La maîtrise:
Grâce à la joie ressentie à l'égard des vertus du Samadhi, il s'agit, lorsque survient la torpeur ou l'indiscipline, de maîtriser l'esprit grâce à leur antidote.
6- L'apaisement:
Lorsque l'esprit ressent du mécontentement sous l'effet de circonstances telles que la distraction, etc..., il s'agit de l'apaiser en le rétablissant sur la visualisation.
7- L'apaisement parfait:
Lorsque surgissent des conditions contraires à la méditation, telles que des pensées d'envie, etc..., il convient à ce stade d'apaiser l'esprit en le rétablissant sur la visualisation.
8- La concentration sur un seul point:
Comme la méthode pour se débarrasser de la torpeur et de l'indiscipline est l'application mentale, si l'esprit est libre de distraction, on le laisse tel quel.
9- L'établissement dans l'équanimité:
Par l'habitude, et sans devoir exercer d'effort particulier, l'esprit s'établit naturellement en Samadhi. Jusqu'à la naissance de la félicité de l'accomplissement, on est en présence de la stabilité sereine de la concentration sur un seul point de l'esprit (de la sphère) du désir, puis après la naissance de la félicité, il s'agit de la stabilité sereine authentique appartenant aux terres de l'absorption méditative (sphère de la forme). Il est dit dans le mDo sDe rGyan:
"Ayant fixé son esprit sur l'objet de la méditation, l'esprit ne doit pas se laisser distraire d'y demeurer continuellement. Reconnaissant aussitôt la distraction, il faut le rétablir. Le sage s'efforcera toujours plus à concentrer l'esprit à l'intérieur. Puis, comme il verra ainsi les vertus (de la méditation), l'esprit se soumettra au Samadhi. Comme il verra les méfaits de la distraction, il s'en détournera et s'apaisera. Il apaisera de manière analogue la convoitise, le mécontentement etc..., quand ils surgiront. Puis (le méditant) avec les voeux, établira avec application mentale l'esprit en lui-même. Enfin, sous l'effet de l'habitude, l'esprit n'aura plus besoin de s'appliquer. Ensuite, lorsque le corps et l'esprit obtiennent un grand accomplissement, on déclare cette étape munie "de l'activation de l'esprit".
A chacune de ces neuf étapes, il convient de s'efforcer de rejeter les erreurs décrites plus haut et de développer les huit dispositions mentales antidotes. Parmi celles-ci, la plus importante des erreurs à rejeter est celle de la torpeur et de l'indiscipline qu'il faut reconnaître. Si on reconnaît de la torpeur, il faudra réduire la nourriture avant la méditation, s'assoir dans un endroit élevé, avoir des vêtements et un coussin de méditation minces et la récitation du refuge et des prières devra se faire d'une voix claire et forte. Il faut méditer le corps et l'esprit en éveil. Si on reconnaît de l'indiscipline mentale, il faut s'appliquer aux moyens contraires (aux précédents). Lorsque torpeur et indiscipline s'apaisent, il faut méditer en relaxant l'esprit.

Procédant de cette façon, tout d'abord va surgir un flot ininterrompu de pensées s'enchaînant les unes aux autres, que l'intelligence grossière n'est pas capable de mesurer. En fait, ce cours ininterrompu était déjà là avant, mais du fait d'un esprit qui ne demeurait pas dans la méditation, il restait ignoré. Le reconnaissant maintenant, on pourrait croire que les pensées sont encore plus nombreuses qu'auparavant et douter de la naissance de la méditation. Il s'agit là de la première expérience de reconnaissance des pensées discursives, étape dite semblable à l'eau d'une cascade de montagne abrupte.
Il convient alors de ne pas laisser tomber la méditation mais de poursuivre en s'efforçant à tout prix de rompre le cours des pensées discursives. On constatera alors qu'à la suite de moments d'enchaînement des pensées les unes aux autres, surgissent des moments où celles-ci s'apaisent. On pensera alors que le cours des pensées s'est rompu mais aussitôt après le sentiment contraire surgira avec le retour de celles-ci. Il s'agit là de la deuxième expérience du repos des pensées qu'on dit semblable à l'eau d'une gorge encaissée.
Poursuivant assidûment la méditation, au bout d'un moment, le cours des pensées se trouve renversé comme dans l'arrêt brutal de la respiration, et on se retrouve vide de toute pensée. Méditant alors avec une attention encore plus intense, on expérimente des moments où la conscience est très claire, suivis d'autres moments où revient le cours des pensées. Il s'agit là de la troisième expérience de fatigue des pensées dite semblable à l'eau d'un bassin collectant trois cours d'eau.
Poursuivant encore la méditation de cette façon, la plupart des pensées s'apaisent et l'esprit demeure comme se reposant dans la concentration sur un seul point. Dans cet état, dès que surgissent une ou deux pensées, elles s'apaisent aussitôt. Il s'agit là de la quatrième expérience où les pensées viennent par vagues, dite semblable aux vagues d'un océan.
Poursuivant encore la méditation précédente, le cours de toutes les pensées s'apaise et la concentration de l'esprit sur un seul point est produite, associée à la clarté du mental. Il s'agit de la cinquième expérience qui est celle de l'apaisement des pensées, dite semblable à l'eau d'un océan sans vagues. A ce moment le cours des pensées est interrompu et bien que l'esprit demeure spontanément concentré sur un seul point, si l'on n'obtient pas une éclatante clarté de la conscience, il s'agit là de la stabilité sereine ne faisant qu'étouffer les pensées. Il faut poursuivre la méditation jusqu'à ce que naisse la concentration de l'esprit sur un seul point accompagnée de la clarté de la conscience, pareille à la lueur de la lampe non troublée par le vent. Méditant de cette manière, lorsqu'apparaît une conscience très claire de l'objet de méditation, il faut alors cesser de regarder cet objet et tourner l'esprit vers l'intérieur en le fixant sur cette clarté de la conscience. Si torpeur ou indiscipline surviennent, il faut appliquer les méthodes pour leur destruction. On demeure ainsi relaxé et libre de toute quête dans cette clarté éclatante de la conscience.
Méditant de cette façon approfondie, si la méditation n'est pas bonne au début de la session et qu'elle s'améliore à la fin, c'est le signe qu'il faut resserrer son contrôle et méditer concentré sur un seul point. Après avoir ainsi resserré son contrôle, si l'esprit tend à s'échapper et répugne à demeurer fixé sur un seul point, ou bien que le corps et l'esprit ressentent de l'inconfort, c'est que la tension a été trop forte. Il faut alors méditer de manière plus détendue. On adoptera aussi une alimentation convenant à ses besoins, en quantité limitée de manière raisonnable. Il faudra reprendre des forces grâce à un repos convenable sans inverser le jour et la nuit (c'est à dire qu'il faut dormir la nuit et non le jour). Lorsqu'on se sent reposé, il faut s'appliquer à reprendre la méditation.
Comment réfléchir à cela? S'asseyant dans un lieu isolé sur un coussin de méditation, dans la posture de rNam Par sNang mDzad (skt. Vairocana), on commencera tout d'abord par prendre refuge, puis par la prière complémentaire et par le développement de l'esprit d'éveil. Hélas, depuis des existences immémoriales jusqu'à ce jour, mon esprit s'est laissé emporter par le vent de la conceptualisation et n'a suivi que ses impulsions du moment, sans être capable de demeurer même le temps d'un claquement de doigts, parfaitement concentré sur un objectif de vertu. C'est pourquoi je ne suis pas encore libéré de l'océan de la roue de l'existence et n'ai pas non plus le pouvoir de libérer autrui. Désormais, m'appuyant sur les instructions d'un maître de vertu, je m'en vais réaliser le bonheur de l'accomplissement du corps et de l'esprit. Demeurant dans la méditation du Samadhi de la parfaite concentration sur un seul point, je dois obtenir le grand éveil de la parfaite réalisation"
Evitant toute respiration saccadée, brutale ou bruyante, il faut compter mentalement vingt-et-une inspirations et expirations sans interruption. Gardant le corps et le souffle en équilibre, il faut pendant tout ce temps examiner quelles sont les pensées grossières surgissant à l'esprit. Si les pensées inspirées par le désir et l'attachement sont prédominantes, il faut les apaiser grâce à la méditation d'une forme repoussante ou autres moyens similaires. De manière analogue, la haine est contrée par l'amour et l'ignorance par la réflexion sur l'enchaînement des causes et des effets; la jalousie est contrée par la (méditation) de l'identité entre autrui et soi-même et l'orgueil par l'échange entre soi et autrui ou par la méditation sur la différence des tempéraments (des êtres). Ensuite, de nouveau, il convient d'examiner si le cours des pensées dictées par ces mauvaises pulsions persiste ou s'il s'est interrompu. Au cas où il persisterait, il faudrait appliquer la méditation de l'antidote correspondante. Sans laisser l'esprit tomber sous le pouvoir des mauvaises pulsions ou des préoccupations mondaines, afin de les détruire toutes, il faudra d'abord en se remémorant les instructions précédentes, forcer l'esprit à demeurer sur l'objet de la méditation, sans qu'il ne se laisse submerger ni par la torpeur ni par l'agitation. Si la tension est trop forte, l'esprit risque alors d'échapper à tout contrôle en devenant indiscipliné, et il convient de relâcher entre temps la tension sans pourtant risquer de perdre la vigilance et l'attention. Si on est trop relaxé cependant, on risque de tomber sous l'emprise de la torpeur. Finalement, il faut garder l'esprit dans son état naturel et l'établir avec clarté et sans forcer sur l'objet de la méditation. Les deux premières étapes concernent l'application de l'antidote à la torpeur et à l'indiscipline, tandis que la dernière décrit la manière de laisser l'application mentale dans l'équanimité lorsque torpeur et indiscipline se sont apaisées. Quelque soit le Samadhi médité, ces trois points sont très importants. Méditant ainsi, lorsque s'interrompt enfin le cours des pensées discursives, il faut demeurer longuement concentré dans l'état de clarté de la conscience. Lorsqu'on peut durablement garder cet état, on cesse alors de fixer le regard sur l'objet de la visualisation et on demeure dans la contemplation intense du clair rayonnement propre de l'esprit. Lorsque l'expérience intérieure de cette clarté s'établit, on s'y absorbe de manière relaxée. Sans s'occuper de suivre la trace du passé, ni de faire des plans pour l'avenir ou de réfléchir au présent, il faut détruire toute pensée bonne ou mauvaise, au fur et à mesure de son apparition. Il convient de demeurer détendu à l'intérieur tout en restant très attentif à l'extérieur.
Lorsqu'on termine la séance, il faut le faire en restant dans les meilleures dispositions par rapport à la méditation. Après avoir dédié le mérite (pour le bien des êtres), on prend du repos. Dans les intervalles entre séances également, il convient de ne pas rompre son isolement. Evitant toute cause de distraction, on se hâtera de reprendre la méditation. Au début, les séances seront courtes et nombreuses. Avec l'habitude, on augmentera peu à peu la durée des séances et il faudra continuer ainsi jusqu'à ce que l'on puisse demeurer jour et nuit dans un même Samadhi

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